Style

Yuta Ishihara, l’excellence japonaise du bijou précieux

Si vous aimez le Japon, vous devez absolument connaître Yuta Ishihara, le créateur des bijoux Shihara et Yutai.

Par Sandrine Merle.

 

 

Très discret et impressionnant. Yuta Ishihara a un charisme fou avec ses longs cheveux longs noir, un regard puissant, son look pantalon large à pinces-pull-blouson-de-cuir aux couleurs sobres signés The Row et Christophe Lemaire. À peine sorti du Hiko Mizuno College of Jewelry, en 2010 il lance sa marque Shihara puis quelques années plus tard, Yutai. De créateur, il devient curateur en ouvrant la boutique Shihara Lab. où il promeut le travail de créateurs occidentaux dont celui de l’Italienne Francesca Villa. « En plus d’être charmant et extrêmement respectueux, Yuta sait juger un bijou et il connaît très bien le marché asiatique ; ses conseils sont donc toujours très avisés », explique cette dernière. Fou de voitures et surtout de ski, l’hiver il s’envole vers Niseko, Mecque des free riders.

 

Shihara, un parti pris radical

Pour les collections de bijoux Shihara, le parti pris est très japonais : il sculpte l’air. Dans l’espace, les fils d’or tracent des cercles, des T et des X, des structures tridimensionnelles. Tout est genderless. Aucune pierre précieuse (hormis des micro diamants) ni élément fonctionnel pour perturber le design. Impossible de déceler le fermoir intégré dans une perle ou dans une sertissure de diamant qui pivote. Les arêtes des boucles d’oreille en forme de cube et de cône s’ouvrent afin d’envelopper le lobe et que chacun la porte à sa guise. Clapets et barrettes permettent de modifier les proportions et de multiplier les portés. La légèreté du vide structuré par des lignes, l’idée que la sobriété est supérieure à l’ornement, la modularité à l’infini se retrouvent dans la boutique. Toute en verre (conçue par le studio), elle se confond avec l’environnement urbain. Les tabourets dessinés par le créateur lui-même se transforment en fauteuil, en table, en étagère.

 

Yutai, la seconde facette de Yuta Ishihara

L’autre facette de Yuta Ishihara, le sentiment profond pour les matières et les couleurs, se manifeste dans Yutai. Il réinterprète les colliers de perles Akoya, parfaitement rondes et blanches (cultivées au Japon) avec des enfilades de perles de jade vert, de saphirs, de turquoise, etc. Il remonte aussi la pierre centrée (rubis, émeraude et saphir) entourée d’une jupette de diamants typique de la bague des années 80 produite en masse, sur un anneau très large. Marie Lichtenberg qui le retrouve chaque année au salon Couture de Las Vegas, ne cache pas son admiration pour « sa façon de regarder le bijou, de le toucher, de le retourner dans tous les sens et surtout pour ses prouesses techniques autour du fermoir la chose la plus difficile à développer ». Ces prouesses techniques, silencieuses, surgissent aussi dans l’illusion d’optique créée par plusieurs pierres n’en formant qu’une bicolore ou à rayures.

 

Pour découvrir le travail de Yuta Ishihara, direction Omotesendo

Si vous êtes à Tokyo, passez à la boutique Shihara puis continuez quelques minutes par les ruelles vers Harajuku pour vous rendre chez Shihara Lab. Avec de la chance, il y aura un trunk show pour lequel il réalise des scénographies exubérantes, les vitrines tapissées de motifs figuratifs, pop, joyeux, colorés, à rayures ou à fleurs. Yuta Ishihara a ouvert son propre atelier de fabrication dans ce même quartier alors que jusqu’à récemment, toutes les pièces étaient réalisées dans la préfecture de Yamanashi centre de production joaillière du Japon depuis la période Edo. C’est d’ailleurs là qu’il est né de parents fleuristes, et qu’il a grandi. Cela l’aurait-t-il prédestiné à faire des bijoux ? Lui estime que ce sont plutôt les nombreuses découvertes archéologiques, la préfecture étant l’une des plus riches en sites Jomon c’est-à-dire préhistoriques.

 

Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois à Paris et à Tokyo mais difficile d’en savoir plus. « Il est d’une pudeur extrême, il n’en dit jamais beaucoup », confirme Marie Lichtenberg. La réserve étant sa nature et son sens de la politesse le retenant de se mettre en avant… Quelle séduction par rapport aux storytellers occidentaux.

 

Pour découvrir tous les articles relatifs au Japon, cliquez ici

Si vous aimez le Japon, vous devez absolument connaître Yuta Ishihara, le créateur des bijoux Shihara et Yutai.

Par Sandrine Merle.

 

 

Très discret et impressionnant. Yuta Ishihara a un charisme fou avec ses longs cheveux longs noir, un regard puissant, son look pantalon large à pinces-pull-blouson-de-cuir aux couleurs sobres signés The Row et Christophe Lemaire. À peine sorti du Hiko Mizuno College of Jewelry, en 2010 il lance sa marque Shihara puis quelques années plus tard, Yutai. De créateur, il devient curateur en ouvrant la boutique Shihara Lab. où il promeut le travail de créateurs occidentaux dont celui de l’Italienne Francesca Villa. « En plus d’être charmant et extrêmement respectueux, Yuta sait juger un bijou et il connaît très bien le marché asiatique ; ses conseils sont donc toujours très avisés », explique cette dernière. Fou de voitures et surtout de ski, l’hiver il s’envole vers Niseko, Mecque des free riders.

 

Shihara, un parti pris radical

Pour les collections de bijoux Shihara, le parti pris est très japonais : il sculpte l’air. Dans l’espace, les fils d’or tracent des cercles, des T et des X, des structures tridimensionnelles. Tout est genderless. Aucune pierre précieuse (hormis des micro diamants) ni élément fonctionnel pour perturber le design. Impossible de déceler le fermoir intégré dans une perle ou dans une sertissure de diamant qui pivote. Les arêtes des boucles d’oreille en forme de cube et de cône s’ouvrent afin d’envelopper le lobe et que chacun la porte à sa guise. Clapets et barrettes permettent de modifier les proportions et de multiplier les portés. La légèreté du vide structuré par des lignes, l’idée que la sobriété est supérieure à l’ornement, la modularité à l’infini se retrouvent dans la boutique. Toute en verre (conçue par le studio), elle se confond avec l’environnement urbain. Les tabourets dessinés par le créateur lui-même se transforment en fauteuil, en table, en étagère.

 

Yutai, la seconde facette de Yuta Ishihara

L’autre facette de Yuta Ishihara, le sentiment profond pour les matières et les couleurs, se manifeste dans Yutai. Il réinterprète les colliers de perles Akoya, parfaitement rondes et blanches (cultivées au Japon) avec des enfilades de perles de jade vert, de saphirs, de turquoise, etc. Il remonte aussi la pierre centrée (rubis, émeraude et saphir) entourée d’une jupette de diamants typique de la bague des années 80 produite en masse, sur un anneau très large. Marie Lichtenberg qui le retrouve chaque année au salon Couture de Las Vegas, ne cache pas son admiration pour « sa façon de regarder le bijou, de le toucher, de le retourner dans tous les sens et surtout pour ses prouesses techniques autour du fermoir la chose la plus difficile à développer ». Ces prouesses techniques, silencieuses, surgissent aussi dans l’illusion d’optique créée par plusieurs pierres n’en formant qu’une bicolore ou à rayures.

 

Pour découvrir le travail de Yuta Ishihara, direction Omotesendo

Si vous êtes à Tokyo, passez à la boutique Shihara puis continuez quelques minutes par les ruelles vers Harajuku pour vous rendre chez Shihara Lab. Avec de la chance, il y aura un trunk show pour lequel il réalise des scénographies exubérantes, les vitrines tapissées de motifs figuratifs, pop, joyeux, colorés, à rayures ou à fleurs. Yuta Ishihara a ouvert son propre atelier de fabrication dans ce même quartier alors que jusqu’à récemment, toutes les pièces étaient réalisées dans la préfecture de Yamanashi centre de production joaillière du Japon depuis la période Edo. C’est d’ailleurs là qu’il est né de parents fleuristes, et qu’il a grandi. Cela l’aurait-t-il prédestiné à faire des bijoux ? Lui estime que ce sont plutôt les nombreuses découvertes archéologiques, la préfecture étant l’une des plus riches en sites Jomon c’est-à-dire préhistoriques.

 

Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois à Paris et à Tokyo mais difficile d’en savoir plus. « Il est d’une pudeur extrême, il n’en dit jamais beaucoup », confirme Marie Lichtenberg. La réserve étant sa nature et son sens de la politesse le retenant de se mettre en avant… Quelle séduction par rapport aux storytellers occidentaux.

 

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