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Bijoux anciens ou vintage : une signature sinon rien ?

Face à l’immobilier et l’assurance-vie qui ne rapportent plus assez, bijoux anciens et vintage deviennent des investissements très prisés. Mais pour le néophyte, ce n’est pas si simple…

Par Sandrine Merle.

 

 

Vous vous demandez quelle est la période la plus bankable ? Mauvaise question : seule compte (ou presque) la signature c’est à dire la renommée de la maison ou du créateur. Sur le très haut de gamme, collectionneurs et professionnels ne jurent que par deux noms : Cartier et Van Cleef & Arpels. Suzanne Belperron, Boucheron ou encore Chaumet excitent aussi les convoitises dans une moindre mesure. Pour la période Art nouveau, René Lalique caracole devant deux maisons pourtant extraordinaires : Fouquet et l’espagnole Masriera. Mais pour tous ces noms prestigieux, il faudra débourser plusieurs centaines de milliers d’euros. Le marché du XIXe siècle souffrant d’une absence de signatures ayant de telles résonances, s’avère un peu plus accessible, malgré l’appétence du marché asiatique.

 

Zéro défaut

Comme dans le cas d’un appartement de prestige, le maximum de voyants doit être au vert. La rareté prime et le moindre défaut a un impact négatif. Autrement dit, évitez toute transformation. Le pendentif qui s’avère avoir été par le passé une broche et le diamant old cut remplacé par un diamant taille moderne seront des moins à la revente. L’expert qui a établi le certificat a aussi son importance. Pour les périodes de grande production comme l’art déco, mieux vaut privilégier les bijoux ayant une caractéristique particulière, un supplément de charme : des pointes d’onyx, des diamants en taille fusée, etc. Au XIXe siècle, la broche en forme de croissant de lune était un bijou assez commun mais celle qui a récemment été adjugée 15 500 euros, triplant presque son estimation, se distinguait par ses dimensions hors normes et ses rubis cabochon.

 

Signature + poinçon = le Graal

Aujourd’hui, le Graal tient dans le combo signature + poinçon de maître permettant d’identifier l’atelier. « Le remarquable travail de recherche mené par les experts sur l’identification des poinçons d’atelier, porte ses fruits », estime Steven Portier. Les noms synonymes d’excellence se comptent sur les doigts d’une main : Perry, Georges Lenfant, De Percin et dans une moindre mesure Gay ou Vassor qui tous ont travaillé pour Van Cleef & Arpels, Boucheron, Hermès. Ce double pedigree garantit une envolée du prix comme en témoigne en octobre dernier, chez Bonhams Cornette de Saint Cyr, cette gourmette en or Hermès signée Georges Lenfant  : elle a atteint plus du double de son estimation soit 38 400 €. En 2014, l’un d’entre eux avait été estimé €2000-2500 et vendue €11 000. Toutes les gourmettes en argent (métal pourtant associé à de la fantaisie) en bénéficient, l’une d’entre elles a atteint un record soit €95 650, en octobre dernier toujours chez Bonhams Cornette de Saint Cyr.

 

Alors comme lors de l’achat d’actions, on stress-teste ses achats autrement dit on s’assure de la solidité en émettant divers scénario. On a plus intérêt à se battre pour un sautoir Alhambra des années 70 signé par Van Cleef & Arpels que pour le plus délicat des colliers du XXe siècle ou une bague sentimentale réalisée dans les tranchées par un poilu. Pour ceux qui disposent de moins d’une dizaine de milliers d’euros, il ne faut pas chercher à faire une culbute, restez sur les bijoux “plaisir” qui ne connaissent pas d’envolée. Tournez-vous vers les pièces sans prix de réserve. Et si votre goût rencontre le marché dans 20 ans, tant mieux !

 

Merci à Stephen Portier du cabinet E&S Portier, Castafiore, Alexandre Léger, Emma Langlais chez Gros & Delettrez, Astrid Guillon

 

Image en bannière : collier en topazes, aigues-marines, diamant par Suzanne Belperron vendu $889 000 (soit trois fois son estimation $600 000 – 1 000 000) chez Sotheby’s NY (8 décembre 2025)

 

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Zéro défaut

Comme dans le cas d’un appartement de prestige, le maximum de voyants doit être au vert. La rareté prime et le moindre défaut a un impact négatif. Autrement dit, évitez toute transformation. Le pendentif qui s’avère avoir été par le passé une broche et le diamant old cut remplacé par un diamant taille moderne seront des moins à la revente. L’expert qui a établi le certificat a aussi son importance. Pour les périodes de grande production comme l’art déco, mieux vaut privilégier les bijoux ayant une caractéristique particulière, un supplément de charme : des pointes d’onyx, des diamants en taille fusée, etc. Au XIXe siècle, la broche en forme de croissant de lune était un bijou assez commun mais celle qui a récemment été adjugée 15 500 euros, triplant presque son estimation, se distinguait par ses dimensions hors normes et ses rubis cabochon.

 

Signature + poinçon = le Graal

Aujourd’hui, le Graal tient dans le combo signature + poinçon de maître permettant d’identifier l’atelier. « Le remarquable travail de recherche mené par les experts sur l’identification des poinçons d’atelier, porte ses fruits », estime Steven Portier. Les noms synonymes d’excellence se comptent sur les doigts d’une main : Perry, Georges Lenfant, De Percin et dans une moindre mesure Gay ou Vassor qui tous ont travaillé pour Van Cleef & Arpels, Boucheron, Hermès. Ce double pedigree garantit une envolée du prix comme en témoigne en octobre dernier, chez Bonhams Cornette de Saint Cyr, cette gourmette en or Hermès signée Georges Lenfant  : elle a atteint plus du double de son estimation soit 38 400 €. En 2014, l’un d’entre eux avait été estimé €2000-2500 et vendue €11 000. Toutes les gourmettes en argent (métal pourtant associé à de la fantaisie) en bénéficient, l’une d’entre elles a atteint un record soit €95 650, en octobre dernier toujours chez Bonhams Cornette de Saint Cyr.

 

Alors comme lors de l’achat d’actions, on stress-teste ses achats autrement dit on s’assure de la solidité en émettant divers scénario. On a plus intérêt à se battre pour un sautoir Alhambra des années 70 signé par Van Cleef & Arpels que pour le plus délicat des colliers du XXe siècle ou une bague sentimentale réalisée dans les tranchées par un poilu. Pour ceux qui disposent de moins d’une dizaine de milliers d’euros, il ne faut pas chercher à faire une culbute, restez sur les bijoux “plaisir” qui ne connaissent pas d’envolée. Tournez-vous vers les pièces sans prix de réserve. Et si votre goût rencontre le marché dans 20 ans, tant mieux !

 

Merci à Stephen Portier du cabinet E&S Portier, Castafiore, Alexandre Léger, Emma Langlais chez Gros & Delettrez, Astrid Guillon

 

Image en bannière : collier en topazes, aigues-marines, diamant par Suzanne Belperron vendu $889 000 (soit trois fois son estimation $600 000 – 1 000 000) chez Sotheby’s NY (8 décembre 2025)

 

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