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Un ensemble exceptionnel de bijoux Suzanne Belperron et René Boivin chez Sotheby’s New York

Le 8 décembre prochain, Sotheby’s NYC mettra en vente une partie de la collection d’une grande mécène française. Parmi les pièces figurent une vingtaine de bijoux de Suzanne Belperron et quelques-unes de René Boivin. Les amateurs sont dans les starting blocks.

Le 8 décembre prochain, Sotheby’s New York mettra en vente une partie de la collection d’une grande mécène française. Parmi les pièces figurent une vingtaine de bijoux de Suzanne Belperron et quelques-unes de René Boivin. Les amateurs sont dans les starting blocks.

Par Sandrine Merle.

 

 

Ces bijoux de Suzanne Belperron et de René Boivin ont été rassemblés par le mari de la propriétaire poursuivant ainsi une collection initiée par sa mère. Cette dernière a commandé nombre de pièces directement auprès de Suzanne Belperron. « On sent d’ailleurs qu’elle a été constituée par deux mains différentes, plus de classicisme d’une part et davantage de caractère d’autre part », constate Olivier Baroin l’expert de Suzanne Belperron.

 

Plongée dans les archives

Olivier Baroin a retrouvé la trace des cinq broches fuchsias en diamants livrées par Suzanne Belperron en 1949. On imagine ces merveilles portées en cascade sur le revers d’une veste… En 1972, elles réapparaissent dans les archives : la créatrice envisage alors de les suspendre sur un collier berbère en or fin. Ce qui explique qu’à l’arrière de chacune de ces broches, l’épingle originale ait été remplacée par un col de cygne. Apparemment, ce collier est resté au stade de projet. Le collier à pampilles est, lui, né d’une envie de transformer un grand classique dont la cliente s’est lassé, une rivière de diamants : Suzanne Belperron l’a démonté et a ajouté un ravissant assortiment de topazes roses et des aigues-marines d’un bleu glacé, taillées en poire, en coussin, en demi-lune ou encore en marquise.

 

Une pièce maîtresse, le bracelet en calcédoine

Cette manchette surmontée d’un cabochon d’améthyste de 1934 est l’une des plus anciennes pièces de la vente. Sa valeur tient avant tout au travail extraordinaire d’Adrien Louart considéré comme le plus grand lapidaire de tous les temps. Il a, dans les années 30, mis au point le Serti mystérieux pour Van Cleef & Arpels. Il formait avec Suzanne Belperron, un tandem hors pair : elle imaginait les bijoux et lui leur donnaient vie. « Pratiquement personne n’est capable aujourd’hui de réaliser à la main ce travail de sculpture à partir d’un seul et unique bloc de calcédoine, estime Olivier Baroin. Il a probablement utilisé des tours électriques pour dégrossir et creuser la matière mais le décor et les détails sont réalisés à main levée. » On se souvient aussi de son bracelet cambodgien sculpté dans un unique bloc de quartz fumé.

 

Un ensemble exceptionnel de bijoux en cristal de roche

L’ensemble de pièces en cristal de roche, parfaitement homogène, est spectaculaire. Suzanne Belperron raffolait de cette pierre qu’elle associait généralement au diamant. La magie de la transparence sertie dans la transparence… Dans cette vente, se côtoient clips simple et double, en forme d’éventail ou d’octogone mais également bracelet à enroulements. Comment ne pas être fasciné par les effets obtenus en juxtaposant le cristal de roche taillé qui accroche la lumière et les diamants blancs de tailles anciennes légèrement plates qui la diffractent à l’infini… Sur un clip, l’effet miroir tient à la superposition du cristal de roche godronné placé sur une petite plaque soit en acier, soit en platine poli vif.

 

Belperron ou Boivin ?

Sublime carpette (terme évoquant une peau de panthère au sol) de Juliette Moutard datant de la fin années 60, peut être du début des années 70. Complètement articulée, elle se porte au revers de la veste mais surtout se pose sur l’épaule dont elle épouse parfaitement la courbe. Les saphirs ont été taillés sur œuvre (spécifiquement pour cette pièce) pour obtenir un décor vitrail extrêmement plat faisant ressortir la tête débordante. Faut-il aussi y voir aussi l’influence de Jacques Bernard qui arrive dans la maison Boivin après avoir longtemps fabriqué des panthères pour Cartier ? Les clips renvoient, eux, à l’éternelle question de l’attribution entre Boivin et Belperron qui ne signaient jamais leurs bijoux. Rappelons que la créatrice a dessiné les bijoux de la maison Boivin jusqu’à son départ en 1932, avant de prendre les rênes de la société Hertz-Belperron. Pendant une dizaine d’années, avant que Juliette Moutard sa remplaçante n’imprime son style, il s’avère donc difficile d’affirmer avec certitude si ce sont ses bijoux pour Hertz Belperron ou pour la maison René Boivin.

 

Pour Thomas Torroni-Levene gardien du temple de René Boivin depuis 2019 et Olivier Baroin, « le rôle de Suzanne Belperron entre 1919 et 1932 chez René Boivin étant désormais reconnu, le propos n’est plus de chercher à attribuer ces bijoux à l’un ou à l’autre. La paternité en revient tout simplement à Belperron dessinatrice ».

 

Vente chez Sotheby’s New York, 8 décembre 2025

 

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Par Sandrine Merle.

 

 

Ces bijoux de Suzanne Belperron et de René Boivin ont été rassemblés par le mari de la propriétaire poursuivant ainsi une collection initiée par sa mère. Cette dernière a commandé nombre de pièces directement auprès de Suzanne Belperron. « On sent d’ailleurs qu’elle a été constituée par deux mains différentes, plus de classicisme d’une part et davantage de caractère d’autre part », constate Olivier Baroin l’expert de Suzanne Belperron.

 

Plongée dans les archives

Olivier Baroin a retrouvé la trace des cinq broches fuchsias en diamants livrées par Suzanne Belperron en 1949. On imagine ces merveilles portées en cascade sur le revers d’une veste… En 1972, elles réapparaissent dans les archives : la créatrice envisage alors de les suspendre sur un collier berbère en or fin. Ce qui explique qu’à l’arrière de chacune de ces broches, l’épingle originale ait été remplacée par un col de cygne. Apparemment, ce collier est resté au stade de projet. Le collier à pampilles est, lui, né d’une envie de transformer un grand classique dont la cliente s’est lassé, une rivière de diamants : Suzanne Belperron l’a démonté et a ajouté un ravissant assortiment de topazes roses et des aigues-marines d’un bleu glacé, taillées en poire, en coussin, en demi-lune ou encore en marquise.

 

Une pièce maîtresse, le bracelet en calcédoine

Cette manchette surmontée d’un cabochon d’améthyste de 1934 est l’une des plus anciennes pièces de la vente. Sa valeur tient avant tout au travail extraordinaire d’Adrien Louart considéré comme le plus grand lapidaire de tous les temps. Il a, dans les années 30, mis au point le Serti mystérieux pour Van Cleef & Arpels. Il formait avec Suzanne Belperron, un tandem hors pair : elle imaginait les bijoux et lui leur donnaient vie. « Pratiquement personne n’est capable aujourd’hui de réaliser à la main ce travail de sculpture à partir d’un seul et unique bloc de calcédoine, estime Olivier Baroin. Il a probablement utilisé des tours électriques pour dégrossir et creuser la matière mais le décor et les détails sont réalisés à main levée. » On se souvient aussi de son bracelet cambodgien sculpté dans un unique bloc de quartz fumé.

 

Un ensemble exceptionnel de bijoux en cristal de roche

L’ensemble de pièces en cristal de roche, parfaitement homogène, est spectaculaire. Suzanne Belperron raffolait de cette pierre qu’elle associait généralement au diamant. La magie de la transparence sertie dans la transparence… Dans cette vente, se côtoient clips simple et double, en forme d’éventail ou d’octogone mais également bracelet à enroulements. Comment ne pas être fasciné par les effets obtenus en juxtaposant le cristal de roche taillé qui accroche la lumière et les diamants blancs de tailles anciennes légèrement plates qui la diffractent à l’infini… Sur un clip, l’effet miroir tient à la superposition du cristal de roche godronné placé sur une petite plaque soit en acier, soit en platine poli vif.

 

Belperron ou Boivin ?

Sublime carpette (terme évoquant une peau de panthère au sol) de Juliette Moutard datant de la fin années 60, peut être du début des années 70. Complètement articulée, elle se porte au revers de la veste mais surtout se pose sur l’épaule dont elle épouse parfaitement la courbe. Les saphirs ont été taillés sur œuvre (spécifiquement pour cette pièce) pour obtenir un décor vitrail extrêmement plat faisant ressortir la tête débordante. Faut-il aussi y voir aussi l’influence de Jacques Bernard qui arrive dans la maison Boivin après avoir longtemps fabriqué des panthères pour Cartier ? Les clips renvoient, eux, à l’éternelle question de l’attribution entre Boivin et Belperron qui ne signaient jamais leurs bijoux. Rappelons que la créatrice a dessiné les bijoux de la maison Boivin jusqu’à son départ en 1932, avant de prendre les rênes de la société Hertz-Belperron. Pendant une dizaine d’années, avant que Juliette Moutard sa remplaçante n’imprime son style, il s’avère donc difficile d’affirmer avec certitude si ce sont ses bijoux pour Hertz Belperron ou pour la maison René Boivin.

 

Pour Thomas Torroni-Levene gardien du temple de René Boivin depuis 2019 et Olivier Baroin, « le rôle de Suzanne Belperron entre 1919 et 1932 chez René Boivin étant désormais reconnu, le propos n’est plus de chercher à attribuer ces bijoux à l’un ou à l’autre. La paternité en revient tout simplement à Belperron dessinatrice ».

 

Vente chez Sotheby’s New York, 8 décembre 2025

 

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