Style

Nadia Morgenthaler et le cristal de roche, reflet d’un style

Nadia Morgenthaler sera au PAD Paris, présentée par la galerie Second Petale, du 8 au 12 avril prochain. Nombre de ses pièces de joaillerie, sculpturales, convoquent le cristal de roche. Une matière transparente et pourtant loin d’être neutre.

Par Sandrine Merle.

Tout commence il y a quelques années, avec une pampille de lustre, chinée au marché aux Puces. Nadia Morgenthaler voit dans cet élément transparent, parfaitement poli et taillé de façon à réfléchir la lumière, un matériau pour nourrir son travail joaillier, savamment architecturé et en même temps, extrêmement léger et poétique. « La transparence du cristal de roche laisse passer le regard et semble parfois abolir sa propre matière, tout en accentuant les effets de perspective et de profondeur », explique Nadia Morgenthaler. Cette dernière a également été sensible aux évocations historiques, liturgiques, ésotériques de cette pierre. Dans les reflets, affleure tout un imaginaire de pureté, de préciosité et de sacré : les reliquaires et les monstrances du Moyen-Âge, les lustres de la galerie des Glaces à Versailles, les crânes sculptés des Aztèques, les coupes en cristal des empereurs Moghol ou encore la boule du shaman.

 

La pureté absolue

Pour ses constructions sophistiquées, le plus souvent des boucles d’oreilles, Nadia Morgenthaler privilégie les cristaux très purs, très transparents « non habités » c’est-à-dire sans aucun de ces corps étrangers (des gaz, des fluides ou des cristaux de type minéral) qui peuvent s’y glisser lors de la cristallisation. « L’emplacement aléatoire des inclusions risqueraient de créer un déséquilibre visuel entre les deux boucles éclairant le visage. D’autre part, la pureté absolue permet de conserver les contours des pampilles ou des sphères, intactes et parfaitement dessinés », ajoute Nadia Morgenthaler. Grâce à des systèmes aussi ingénieux qu’imperceptibles, ces éléments immatériels semblent alors flotter dans l’espace.

 

Dé-réalité

Tout en étant invisible et transparent, le cristal de roche dévie, amplifie et trouble le réel. Il ne fait pas seulement loupe : il a une façon incroyablement vivante, de capter et de renvoyer la lumière. Raison pour laquelle les Grecs voyaient dans cette matière de l’eau vive qui aurait été pétrifiée dans l’impétuosité du mouvement. Le cristal de roche crée des reflets spéciaux, étranges et changeants, introuvables dans la nature. « Il matérialise la lumière et les zones d’ombre en formes magnifiques, abstraites, noires et blanches », note Nadia Morgenthaler. Sur l’une des petites sphères en cristal de roche ornant une boucle d’oreille se produit un effet optique singulier : elle donne à voir, inversée, l’image de la boucle jumelle posée juste derrière.

 

L’art du blanc

Transparent, pur, très réceptif à la taille et au poli, le cristal de roche est accompagné du diamant. Pureté contre pureté, ton sur ton, voilà de sublimes concertos d’éclats sur fond d’or noirci si cher à Nadia Morgenthaler. On ne peut alors qu’être subjugué par le contraste des brillances, la sienne, douce et apaisée avec celle du diamant extrêmement nette et intense. Sa brillance fait écho aussi à celle, infiniment subtile et irisée, des perles fines roses, blanches, grises. L’autre matière-signature de Nadia Morgenthaler.

 

Nadia Morgenthaler, PAD Paris – Galerie Second Petale Stand 25

 

Article relatif à ce sujet :

Nadia Morgenthaler, la délicatesse de l’ingénierie joaillière

Tout commence il y a quelques années, avec une pampille de lustre, chinée au marché aux Puces. Nadia Morgenthaler voit dans cet élément transparent, parfaitement poli et taillé de façon à réfléchir la lumière, un matériau pour nourrir son travail joaillier, savamment architecturé et en même temps, extrêmement léger et poétique. « La transparence du cristal de roche laisse passer le regard et semble parfois abolir sa propre matière, tout en accentuant les effets de perspective et de profondeur », explique Nadia Morgenthaler. Cette dernière a également été sensible aux évocations historiques, liturgiques, ésotériques de cette pierre. Dans les reflets, affleure tout un imaginaire de pureté, de préciosité et de sacré : les reliquaires et les monstrances du Moyen-Âge, les lustres de la galerie des Glaces à Versailles, les crânes sculptés des Aztèques, les coupes en cristal des empereurs Moghol ou encore la boule du shaman.

 

La pureté absolue

Pour ses constructions sophistiquées, le plus souvent des boucles d’oreilles, Nadia Morgenthaler privilégie les cristaux très purs, très transparents « non habités » c’est-à-dire sans aucun de ces corps étrangers (des gaz, des fluides ou des cristaux de type minéral) qui peuvent s’y glisser lors de la cristallisation. « L’emplacement aléatoire des inclusions risqueraient de créer un déséquilibre visuel entre les deux boucles éclairant le visage. D’autre part, la pureté absolue permet de conserver les contours des pampilles ou des sphères, intactes et parfaitement dessinés », ajoute Nadia Morgenthaler. Grâce à des systèmes aussi ingénieux qu’imperceptibles, ces éléments immatériels semblent alors flotter dans l’espace.

 

Dé-réalité

Tout en étant invisible et transparent, le cristal de roche dévie, amplifie et trouble le réel. Il ne fait pas seulement loupe : il a une façon incroyablement vivante, de capter et de renvoyer la lumière. Raison pour laquelle les Grecs voyaient dans cette matière de l’eau vive qui aurait été pétrifiée dans l’impétuosité du mouvement. Le cristal de roche crée des reflets spéciaux, étranges et changeants, introuvables dans la nature. « Il matérialise la lumière et les zones d’ombre en formes magnifiques, abstraites, noires et blanches », note Nadia Morgenthaler. Sur l’une des petites sphères en cristal de roche ornant une boucle d’oreille se produit un effet optique singulier : elle donne à voir, inversée, l’image de la boucle jumelle posée juste derrière.

 

L’art du blanc

Transparent, pur, très réceptif à la taille et au poli, le cristal de roche est accompagné du diamant. Pureté contre pureté, ton sur ton, voilà de sublimes concertos d’éclats sur fond d’or noirci si cher à Nadia Morgenthaler. On ne peut alors qu’être subjugué par le contraste des brillances, la sienne, douce et apaisée avec celle du diamant extrêmement nette et intense. Sa brillance fait écho aussi à celle, infiniment subtile et irisée, des perles fines roses, blanches, grises. L’autre matière-signature de Nadia Morgenthaler.

 

Nadia Morgenthaler, PAD Paris – Galerie Second Petale Stand 25

 

Article relatif à ce sujet :

Nadia Morgenthaler, la délicatesse de l’ingénierie joaillière

Articles les plus lus