Mon agenda

31 octobre 2021

6 raisons d’aller voir l’exposition « Cartier et les Arts de l’Islam »

La création est souvent mystérieuse: Évelyne Possémé et Judith Henon-Raynaud, les commissaires de l’exposition « Cartier et les Arts de l’Islam – Aux sources de la modernité », en révèlent le fascinant processus.

Par Sandrine Merle.

 

 

1/ Assister à la naissance d’une esthétique

« L’exposition porte un regard positif sur les Arts de l’Islam, elle montre l’impact sur les créateurs capables de s’ouvrir à la nouveauté et de s’en inspirer », explique Évelyne Possémé commissaire de l’exposition et conservatrice en chef du département bijoux anciens et moderne au Musée des Arts décoratifs. Cette nouvelle esthétique venue du monde Arabo-persan, d’Inde, d’Egypte … composée de formes géométriques et de couleurs vives, génère dès les années 1903-1904 chez Cartier des bijoux plus abstraits, des juxtapositions de pierres inédites, etc. Une première.

 

2/ Redécouvrir les trésors de l’Orient

Cette exposition hyper documentée regroupe au total 600 objets dont 250 bijoux, une soixantaine de pièces d’art de l’Islam, une centaine de dessins et des documents divers et variés comme des planches de verre. On découvre des merveilles, lampe de mosquée du XIVe siècle, coupe en agate du XVe siècle venue d’Afghanistan, plat en céramique d’Iznik du XVIe siècle, dômes et minarets, bazuband indien du XIXe siècle, miniatures perses du XVe siècle, etc.

 

3/ Comprendre le processus de création

Cette exposition ne se contente pas de dire : les bijoux sont inspirés par les arts de l’Islam. Elle le démontre ! Les commissaires reconstituent le processus de création en juxtaposant les bijoux, les boîtes à cigarettes, les ceintures, les pendules avec leur source d’inspiration. Apparaissent alors, comme des évidences, les influences islamiques : mandorles, cyprès, étoiles et triangles, reliures, motifs tapissants, etc.

 

4/ Faire connaissance avec Charles Jacqueau  

« Entre la source d’inspiration et l’objet final, le processus de création a aussi été enrichi par les dessins d’études de Charles Jacqueau, dessinateur le plus important de la maison entre 1911 et 1935 », explique Judith Henon-Raynaud conservatrice en chef du patrimoine et adjointe à la directrice du département des arts de l’Islam du Musée du Louvre. Extraits du fond conservé au Petit Palais (comprenant 4 200 dessins et des carnets personnels), ils sont une étape intermédiaire isolant les éléments de la source d’inspiration, une sorte de dictionnaire d’arabesques, de rosaces, de pyramides à degrés, etc.

 

5/ Une première : la collection d’art islamique de Louis Cartier

Les deux commissaires ont dressé la liste (non exhaustive mais la plus complète à ce jour) de la collection d’arts islamique de Louis Cartier, à savoir plus d’une soixantaine d’œuvres. Un évènement car en partie volée pendant la Seconde Guerre Mondiale et dispersée après sa mort (principalement aux Etats-Unis), elle n’a jamais été totalement renseignée ni cataloguée. Ce travail phénoménal a nécessité pas moins de 3 ans de travail et donne aujourd’hui l’occasion d’admirer des pièces de facture exceptionnelle ayant parfois appartenu à des personnages historiques.

 

6/ Rêver devant des joyaux

Pour illustrer cette influence des arts de l’Islam, Cartier a réuni quelques-unes des plus belles pièces de son histoire. On reste sans voix devant les énormes émeraudes colombiennes rectangulaires au centre d’une broche de ceinture ou d’un collier de diamants. Il ne faut pas non plus manquer les spectaculaires colliers hindous avec leurs mélanges de saphirs, de rubis et d’émeraudes typiquement indiens. Quant aux diadèmes, ils sont éblouissants avec leurs motifs de pyramides à degrés ou mandorles, leurs turquoises gravées, leurs imbriquements de perles et de diamants. Et ne manquez pas non plus les nécessaires, les étuis à cigarettes : moins spectaculaires, ils sont absolument ravissants avec leurs décors tapissants en lapis lazuli, en émail, en nacre, en corail…

 

Vous êtes prévenus, une seule visite ne suffira pas.

 

« Cartier et les arts de l’Islam – Aux sources de la modernité. » au Musée des Arts décoratifs, Paris  jusqu’au 20 février 2022

 

Articles relatifs à ce sujet :

« Cartier et les Arts de l’Islam », sur les traces de Louis Cartier…

Sous la nef majestueuse du Musée des Arts Décoratifs

 

Articles les plus lus

Sous la nef majestueuse du Musée des Arts décoratifs...

Au centre de la majestueuse nef du Musée des Arts décoratifs, des écrans géants. Chacun d’entre eux projette un bâtiment islamique stylisé en...

Amateurs de chaînes, ne manquez pas la vente Aguttes

Dans sa vente du 21 octobre prochain, Aguttes propose une sélection de très belles chaînes anciennes et vintage, d’une créativité folle.

Trouver son solitaire diamant aux enchères

Et si vous cherchiez votre solitaire dans une des prochaines ventes aux enchères ?

Retourner au musée !

Les musées parisiens ré-ouvrent enfin. Nouvelle exposition ou prolongation, dédiée au bijou ou pas : voici en bref, celles que j’ai l’intention de...

"Une histoire (extra)ordinaire", l'exposition Chaumet

J’ai eu la chance de découvrir cette remarquable exposition en avant-première avec Jean-Marc Mansvelt directeur général de Chaumet. Nous avons...

Découvrir le rubis à L'École des Arts Joailliers avec Marie-Anne Bruschi

L’approche du cours est très intéressante car elle va bien au-delà : elle est transversale. J’y ai retrouvé beaucoup de mes centres d’intérêt :...