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22 septembre 2022

Les bijoux dans la vente de l’Hôtel Lambert chez Sotheby’s

Sheikh Hamad Bin Al Thani est associé à des bijoux indiens fastueux. Étonnamment, la centaine de bijoux européens appartenant à son immense collection de l’Hôtel Lambert, vendue le 14 octobre prochain chez Sotheby’s, est plus accessible et plus humble. Elle est empreinte d’un regard très personnel.

Par Sandrine Merle.

 

 

À Paris, Sheikh Hamad Bin Al Thani ne conservait pas sa collection de bijoux dans les coffres de l’hôtel Lambert, sa résidence située à la pointe de l’île Saint Louis. Si certains bijoux étaient exposés dans des vitrines, « d’autres étaient, eux, accrochés en groupe sur le mur comme des petits tableaux », explique Magali Teisseire directrice du département bijoux de Sotheby’s à Paris. Entre une commode en marqueterie et une peinture XVIIIe, près de vases, flirtant avec d’épais rideaux en brocard. Utilisation peu commune des pendentifs, des broches et des boucles d’oreilles : avis aux décorateurs !

 

Un écrin stupéfiant

« Ces bijoux reflètent la vision très personnelle d’un collectionneur, ils ont été choisis pour contribuer à l’atmosphère de l’Hôtel Lambert », continue Magali Teisseire. Une atmosphère classique et chargée puisque l’hôtel a été construit en 1640 (deux ans après la naissance de Louis XIV). Dès l’origine, il est rempli de curiosités par le Sueur, Pierre Patel ou encore Charles Le Brun qui, dans la galerie d’Hercule (qui a inspiré la galerie des Glaces), a peint sa première grande œuvre. Plus tard, Viollet-le-Duc et Eugène Delacroix y ont aussi œuvré. Il a appartenu à des financiers, une famille princière polonaise, les Rothschild… Tous à la tête de collections faramineuses. C’est là qu’Alexis de Rédé, lui locataire, a habité et organisé le célèbre Bal Oriental.

 

Un ensemble très humble

Sheikh Hamad Bin Al Thani est associé aux bijoux indiens somptueux exposés dans les plus grands musées du monde il y a quelques années ou à ceux qu’il présente en permanence dans sa galerie de l’hôtel de la Marine. C’est surprenant, les bijoux de cette vente n’ont rien de comparable : ils sont précieux car ils sont parvenus jusqu’à nous mais ils ont été réalisés avant l’invention de la joaillerie telle qu’on la connaît aujourd’hui. Les pierres ne brillent donc pas de mille feux, les lapidaires n’ayant mis au point la taille à facettes permettant de réfracter la lumière au maximum, qu’au début du XXe siècle. Les bijoux sont en or pur, très jaune, ou en argent noirci (oxydé avec le temps) doublé d’or jaune afin d’éviter le contact avec la peau : l’or blanc 18 carats ne date que du début du XXe siècle tout comme l’utilisation du platine.

 

La collection Al Thani à Paris

 

Une cohérence de style

L’ensemble de la collection fait la part belle à l’émail quel que soit le siècle. Deux pendentifs espagnols figurant une croix de Jérusalem du XVIIe siècle en sont les plus beaux exemples, mais on le trouve aussi sur des pendentifs néo Renaissance du XIXe siècle pour dessiner le portrait de François 1er ou coloriser une petite sirène, un bateau, un lion, une licorne. Autre constante : le métal percé comme de la dentelle, ciselé, ouvragé en forme de nœud, de cœurs surmontés d’un faisceau d’arme, d’entrelacs, d’enroulement ou de fleurs. De ce point de vue, l’ensemble de bijoux portugais, ceux venus de Hongrie et les devants de corsage français portés à l’époque de Marie-Antoinette, sont infiniment romantiques.

 

Voilà ce qui rend cette collection si attachante et accessible. Avis aux amateurs, les estimations débutent à 400-500 euros.

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