Style

13 janvier 2024

Emmanuel Tarpin, joaillier des ombres et lumières

Le jeune joaillier français Emmanuel Tarpin a réalisé un ensemble de 7 bijoux sur le thème de l’orchidée. La flamboyance et l’étrangeté de cette fleur sont magnifiées par un subtil traitement des ombres et des lumières.

Par Sandrine Merle.

 

 

En décembre dernier, Emmanuel Tarpin a présenté un ensemble de 7 orchidées à porter en broches ou en boucles d’oreilles dans la galerie d’art moderne et contemporaine Lévy Gorvy Dayan à New York. « Elles étaient exposées parmi les œuvres de Pierre Soulages ce qui m’a permis d’établir un dialogue autour de l’intensité de la lumière », explique le joaillier d’à peine 30 ans.

 

Variation sur l’orchidée

Parmi les milliers d’espèces d’orchidée existantes, Emmanuel Tarpin a choisi la « Sabot de Vénus », la « Psychopsis Tiger » évoquant un papillon avec ses 3 gracieuses antennes, la « Phalaenopsis » ressemblant à un papillon, la « Cattleya » ou encore la « Brassia Spider » avec ses pétales longs et effilés comme des pattes d’une araignée. Il a restitué la vivacité des couleurs des pétales. Le blanc est associé au rose sucre d’orge ou au vert tendre, du rouge au jaune. Il a aussi convoqué un noir intense.  « La profondeur de la couleur aurait été impossible à obtenir avec un simple rhodiage », précise Emmanuel Tarpin qui, en sortant de la HEAD, a travaillé à l’établi pendant 4 ans. « La meilleure école pour aujourd’hui être capable de dialoguer avec les artisans et expérimenter ». Pour cette collection, il a mené l’ensemble des recherches avec deux entités parisiennes capables de réaliser des cires à la main.

 

Magnifiques clairs-obscurs

Tout est mat, pas de poli miroir, ni de pavage éblouissant de pierres précieuses, à l’exception du solitaire placé au cœur de chaque orchidée. « Le diamant, pierre à l’indice de réfraction le plus élevé, s’est imposé naturellement pour cette confrontation mat/brillant », explique Emmanuel Tarpin. Adepte des pierres de charme et des formes allongées, il a choisi des spécimens taillés en navette, en marquise et en poire. La lumière jaillit ainsi du centre de l’orchidée, elle se réfléchit contre la moindre pliure, le moindre frisottis des somptueux pétales. De magnifiques clairs-obscurs notamment sur la Cattleya en argent patiné noir. Plus douce, la lumière vibre et glisse aussi sur la céramique poudrée et veloutée, sur la laque qu’il utilise pour la première fois dans son travail. Un travail de sculpteur.

 

Emmanuel Tarpin n’a pas cherché à faire écho aux magnifiques orchidées de Tiffany & CO. ou celles de René Lalique, réalisées il y a plus d’un siècle. Cela dit, ses bijoux, tous vendus, soutiennent parfaitement la comparaison.

 

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