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10 mai 2021

« Une histoire (extra)ordinaire », l’exposition Chaumet

Parmi les célébrations du bicentenaire de la mort de Napoléon, une seule émane d’un acteur privé : Chaumet qui fut (sous le nom de Nitot), joaillier officiel de l’empereur. À travers 150 tableaux, lettres, bijoux, etc., il revient sur son histoire d’amour avec Joséphine, intimement liée à celle du pouvoir.

Texte et photos Sandrine Merle.

 

 

J’ai eu la chance de découvrir cette remarquable exposition en avant-première avec Jean-Marc Mansvelt directeur général de la maison. Nous avons déambulé dans ses magnifiques salons aux boiseries dorées, classés monuments historiques. Voici quelques temps forts.

 

La force des tableaux

Dès l’entrée, les célèbres portraits des amoureux en tenues d’apparat (par Gerard) encadrent le trône doré de Napoléon. On connaissait celui de « Joséphine dans les jardins de Malmaison » peint par Prud’hon pour Eugène, on découvre ici la version au pastel « probablement conçu au même moment pour sa fille Hortense », précise Jean-Marc Mansvelt. On peut aussi voir, et c’est extrêmement rare, le portrait du jeune Napoléon d’un roux flamboyant ou la gravure de « La répétition du Sacre ». Le plus inattendu : Napoléon avec ses neveux dont le futur Napoléon III sur ses genoux.

 

Logique, l’exposition commence par l’acte de mariage

L’acte de mariage est accompagné d’un anneau simplissime aux initiales JNB (Joséphine Napoléon Bonaparte) offert vers 1796 par Napoléon encore simple général sans fortune. Puis viennent la magnifique lettre d’amour écrite pendant la campagne d’Italie à l’écriture fougueuse, raturée. Chaumet montre aussi des livres de comptes du tailleur, des cahiers de commande de Nitot… et finalement la lettre de l’impératrice à l’écriture tourmentée acceptant la dissolution du mariage.

 

Le diadème, bijou emblématique de l’époque napoléonienne (voir aussi la vidéo en bannière)

Joséphine lance la mode de ce bijou de tête dont elle raffole. Parmi les merveilles exposées (dont celui en camées sculptés dans un même coquillage), le plus important est celui aux 9 épis de blé courbés par le souffle du vent… D’abord c’est la première commande de Joséphine chez Nitot, destinée à sa première cérémonie officielle en tant que souveraine. D’une virtuosité folle, il est aussi le point de départ de centaines de commandes qui vont faire de Nitot un spécialiste de ce bijou. Malgré la scénographie, on aperçoit quelques « prototypes » en maillechort (un alliage non précieux) parmi les centaines qui tapissent les murs.

 

Les perles enfin réunies (voir aussi la vidéo en bannière)

C’est une première : Chaumet a réuni la paire de boucles d’oreilles et le collier que Joséphine aimait porter ensemble. Réalisés avec des perles poire (détachables pour le collier) et attribués à Nitot, ils ont été séparés au fil des transmissions : la première se trouve désormais au Louvre tandis que le second dit le collier « Leuchtenberg » appartient à une collection privée.

 

Pour terminer, quelques bijoux de famille (voir aussi la vidéo en bannière)

On découvre ainsi l’exceptionnelle ceinture de l’impératrice Marie-Louise réalisée à partir d’un camée antique offert par la princesse Pauline Borghèse (la plus jeune sœur de Napoléon). Inspirée par les longues ceintures portées au Moyen Âge, elle foisonne de symboles napoléoniens (palmettes, abeilles, couronnes de laurier) avec aux extrémités des pompons en perles. Cette dernière salle accueille aussi la parure de Caroline Murat en agates nicolo, la paire de bracelets-montres d’Auguste-Amélie de Bavière, le bracelet acrostiche de Madame Mère ou encore la broche trèfle en émail offerte par Napoléon III à sa future épouse, Eugénie.

 

Entre pouvoir et sentiments, un moment de grâce. Réservez votre visite ici.

 

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