Business

28 juillet 2016

Zoom sur l’émeraude

Ce qu’il faut savoir sur cette gemme verte.

 

1. Le come back

– Van Cleef & Arpels vient de lui consacrer une collection entière, « Émeraude en Majesté ». Le travail s’articule autour des provenances, des tailles, des infinies intensités de vert, des associations de couleurs, des montures figuratives ou géométriques, etc.

– Les créateurs comme le Brésilien Fernando Jorge, la Colombienne Lucia Bueno-Mallarino, la Libanaise Dina Kamal ou encore l’Américaine Cathy Waterman, la mettent en scène. Nina Runsdorf la travaille en slices, c’est-à-dire en fines tranches gansées de diamants. Selim Mouzannar utilise une variété rare, dite trapiche, caractérisée par des inclusions formant un motif à six branches.

– Ce retour en force de l’émeraude est largement orchestré par les puissantes sociétés d’extraction minière comme Gemfields et Minerias Texas Colombia (MTC) à Muzo qui « prêtent » des pierres à certains créateurs et joailliers.

 

2. Les pays producteurs

« Les émeraudes de Colombie ont largement dominé le marché jusqu’au milieu du XXe siècle, avant d’être légèrement dépassées par celles de Zambie. Ce pays, avec sa mine de Kagem, représente aujourd’hui 35% de la production mondiale. Le Brésil se classe en troisième position avec 15%, avant la Russie, Madagascar et l’Afghanistan », explique Jean-Claude Michelou en charge de la communication de l’International Colored Gemstone Association et conseiller technique auprès des Nations Unis sur la traçabilité de l’or et des pierres de couleur.

 

3. Les défis

– Comme toutes les pierres de couleur, cette gemme verte est principalement extraite dans des mines artisanales qui échappent souvent à tout contrôle et réglementation. « Actuellement 63 % de l’activité minière de l’émeraude est réalisée sans répondre aux normes légales d’extraction ou en échappant partiellement aux taxes », selon Maria Isabel Ulloa, vice-ministre des mines de Colombie.

– La qualité de l’émeraude pose, elle aussi, un certain nombre de problèmes. Pour la rendre plus transparente et plus pure, on a abusé des traitements à base de résine ou d’huile permettant de combler ses microfissures internes. Avec le temps, l’une a tendance à jaunir et l’autre à ressortir.

– Pays producteurs, gouvernements et autres acteurs ont participé au premier Symposium international des émeraudes, à Bogotá en 2015. Mission : tenter d’harmoniser le marché global et de le rendre moins opaque, ce qui a été réussi dans la filière du diamant.

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