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20 décembre 2017

« Précieuses Ballerines » de Van Cleef & Arpels

Les ballerines, au cœur de la nouvelle exposition Van Cleef & Arpels, ont été inspirées dans les années 1940 par les peintures d’Edgard Degas.

Une ballerine s’élance dans les airs tandis qu’une autre réalise une arabesque. Le bras s’élève avec élégance, la jambe est tendue et le pied cambré. Les postures et les mouvements de ces danseuses de 7-8 centimètres, généralement montées sur des clips, sont retranscrits avec une grâce infinie…

La première ballerine est née sous l’impulsion de Louis Arpels, grand amateur de ballets, à New York. Dès le début, le visage de cette gracieuse figurine est stylisé par un diamant en forme de poire. Les costumes de scène sont d’une extrême sophistication comme celui de la danseuse espagnole : on aperçoit la doublure en émeraudes de son tutu froufroutant de diamants. En regard, les ballerines conçues pour le marché français sont très sobres. L’une en sequins d’or jaune est ponctuée de turquoises, l’autre de diamants. L’or est aussi texturisé, plissé ou repercé pour figurer de la broderie anglaise ou du tulle.

Au fil des années, la danse est devenue le thème fétiche de la maison. Le deuxième temps fort se situe en 1967 quand Claude Arpels (neveu de Louis Arpels) collabore avec le chorégraphe russe Balanchine pour créer Jewels, un ballet en trois actes : « Diamants », « Émeraudes » et « Rubis ». Le plus récent date de 2013 : la maison associe son nom à celui de Benjamin Millepied et à sa compagnie L.A. Dance Project pour le ballet Gems.

La ballerine forme un répertoire de formes légères et gracieuses. Certaines sont inspirées par de vraies danseuses comme Suzanne Farrell ou la Pavlova. Elle est vue de face ou de dessus, comme d’un balcon. Son tutu en diamants s’épanouit alors en corolle… Le tutu est aussi réalisé en Serti Mystérieux d’émeraudes ou de rubis. La ballerine est hybridée avec une créature marine aux tentacules de diamants interminables dans la collection « Les Voyages Extraordinaires » tandis que dans « Le Secret », elle se métamorphose en cygne scintillant de saphirs bleus.

« Les modèles les plus anciens sont difficiles à acquérir car peu de propriétaires acceptent de s’en séparer », explique Catherine Cariou, directrice du patrimoine. Et les collectionneurs, eux, sont prêts à faire des folies pour en acquérir une… Le record est détenu par celle représentant Maria Camargo, célèbre danseuse du XVIIIe siècle : estimée entre 80 et 120 000 $ par Christie’s, en 2009, elle a finalement été adjugée à plus de 400 000 $. En janvier 2018 à Monaco, la maison de vente aux enchères Artcurial proposera un clip de corsage et deux clips d’oreilles figurant une danseuse de flamenco des années 1940 et ses deux petits rats. Estimation 100-120 000 euros. Avis aux collectionneurs.

 

« Précieuses Ballerines » – 20, place Vendôme jusqu’au 10 janvier 2018.

Artcurial – Vente aux enchères à Monaco, le 18 janvier 2018.

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